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12 mai 2020

# RESTONS CHEZ NOUS #

Publié par Des mots...Des images... dans Atelier d'écriture, Jouer avec les mots, LIBERTE, Non classé

MOTS PERDUS et LANGUE AU CHAT
29 Mars 2020
Rédigé par Pascale et publié depuis le blog  Architexte sur Overblog

Depuis le XX è siècle plus de 10 000 mots ont quitté nos dictionnaires et nos vocabulaires. En voici quelques uns, que je vous propose d’utiliser ( minimum 5 ) dans un texte de votre composition.
A vous de choisir votre thème !
Acrampi : adj. rabougri, engourdi
Abstème :  Qui ne boit pas de vin.
Aiguayer : Baigner, rafraîchir, laver
Angustié :  adj.  Étroit, serré, en parlant d’un chemin.
Anoure :adj. Se dit des animaux qui n’ont point de queue.
Bachelette : n.f. Jeune fille gracieuse.
Baler : v. Danser. – Remuer, s’agiter. -
Bisbille : .n.f. Petite et futile querelle.
Cacade : n.f entreprise folle, échec ridicule
Capitoul :n.m. Nom qu’on donnait aux magistrats municipaux de la ville de Toulouse.
Désobligeante :n.f.. Sorte de voiture étroite qui ne peut contenir que deux personnes. (XVIIIe s.)
Épreindre : V. Presser entre ses doigts quelque chose pour en exprimer le suc.
Fatrasser :. V. S’occuper à des niaiseries.
Foutriquet: n.m. Un foutriquet est une personne petite, chétive, quelqu’un d’insignifiant.
Freloche : n.m; Filet pour capturer les papillons et les insectes aquatiques
Lède : n. f. La partie du milieu d’un marais salant, autour de laquelle on creuse un fossé.
Mâche-dru :  n. m. Gourmand.
Margotin  : , n. m. Petit fagot de menu bois ou de brindilles utilisé comme allume-feu.
Margouillis : , n. m. Lieu plein de boue et d’ordure.
Melliflue : adj. Qui abonde en miel.
Patte pelu  Adj. Qui dissimule de mauvais desseins sous une douceur apparente.
Patenôtrier : , n. m. fabricant de chapelets.
Péronnelle :  n. f. Terme de dénigrement. Jeune femme sotte et babillarde.
Piffre : n.m Personne très grasse.
Pimpesouée :  n. f. Femme à manières prétentieuses et ridicules.
Mafflé :  adj. Qui a de grosses joues.
Rabonnir :1° V. . Rendre meilleur
2° V.. Devenir meilleur.
Turlututaine : .n. f. Paroles qu’on répète sans cesse
Croustiller v. Manger léger, grignoter.
Event n.m. Au grand air. Avoir la tête à l’évent : être très étourdi.
Happelourde n.f. Fausse pierre, qui a l’apparence d’une pierre précieuse.
Pantophile n.m. Celui qui aime tout.
S’acagnarder v. Paresser, mener une vie obscure et fainéante.
Remembrance n.f. Souvenir.
Imbriaque adj. Ivre, fou, stupide.
Déparpaillé adj. Négligé, débraillé.
Margouillis n.m. Embarras.
Paltoquet n.m. Homme grossier, sans mérite, prétentieux.

# RESTONS CHEZ NOUS #

Que vient faire ici ce paltoquet ? Que ne reste-t-il chez lui au lieu de venir causer ce margouillis où chacun se sent dans son droit mais suspecte l’autre d’usurper les siens?
Notre curieux passant déparpaillé, arborant une barbe de dix jours, les cheveux en bataille semble bouger comme un danseur imbriaque ayant abusé de la gnôle fermière. Dans nos remembrances les plus anciennes nous n’avions pas vu pareil spectacle sur la place du village. D’habitude le ballet des voitures d’où sortent les clients du boulanger, du bureau de tabac, du boucher, du fleuriste et de l’épicerie et qui trouble à peine les éternels villageois qui s’accagnardent, traînant de bancs en comptoirs leurs silhouettes dégingandées, la clope au bec et la bouteille non loin.
J’ai beau être pantophile, j’ai du mal à supporter l’ivresse outrancière de ces margoulins animant notre vie provinciale loin des bourgeois portant l’happelourde faute de pouvoir porter plus précieux bijoux . Que ne leur viendrait-il pas à l’esprit de vouloir avoir la tête à l’évent et de quitter leurs villes pour envahir nos campagnes et par-là même nous apporter le mal dont nous nous passons si bien ?
Faute de rayons pleins, nous nous contentons de croustiller dans nos chaumières en essayant d’éviter les turlutaines alors que de jour en jour le discours se répète. Tentant de nous rabonnir, nous découvrons nos voisins les plus proches : Giscours à la bouille maflée se montre avenant alors que la pimpesouée piffre du bout de la rue et sa péronnelle de fille continuent à se croire supérieures au reste du village. Notre patenôtrier patte pelu quant à lui se trouve église dépourvue. Trop vieux pour les nouvelles technologies il a sorti son antique porte-voix qui grésille en ce dimanche de Pâques pour inviter à la prière. Propos melliflus et remontrances sous-jacentes nous gâchent les esgourdes.
Tiens, Pierre en son joli jardin, fait fumer son margotin pour démarrer son barbecue. Quand le clocher sonnera les douze coup de midi, notre ami mâche-dru sera fin prêt pour faire griller ses côtelettes. À quelques encablures des lèdes de nos marais paissent tranquillement les jolis petits moutons noirs aux gigots si goûteux.
Tiens, au loin nous apercevons notre foutriquet Ambroise qui divague son freloche à la main. Ce n’est pas ce qu’il va récolter qui le nourrira! Il passe sa vie à fatrasser deci delà et son imprévoyance légendaire ne lui laisse d’autre choix que de jouer les pique assiette chez l’un puis chez l’autre malgré l’interdiction.
Tous occupés à épreindre les fraises du jardin pour napper d’un bon coulis notre traditionnelle charlotte de Pâques nous regardions venir à nous dans sa pimpante désobligeante, le Capitoul. Encore un qui n’a pas peur de la cacade que ne manqueront pas de lui infliger les villageois après bisbilles entre ceux qui lui feraient allégeance et ceux qui ne lui concèdent aucun passe-droit. Baler ne lui servira à rien. Dans sa désobligeante il repartira et ce ne sont pas ses bachelettes de filles qui feront la différence.
Le confinement, c’est le confinement.
La nature elle, ne s’embarrasse pas de cette obligation. Proches de nos maisons des rapiettes anoures et d’autres bien pourvues de leurs attributs s’ébattent sur nos murs. Au bout de notre chemin angustié au fond du jardin, qui mène au bois de hêtres, châtaigners et chênes on entend bien l’agitation dans les arbres et les taillis. Au bord de la rivière en bas de la prairie viennent s’aigayer les bergeronnettes des ruisseaux au ventre soleil pâle . Moi qui suis abstème à leur instar j’essaie de ne point me laisser aller. Accrampie que je suis au matin, je monte chaque jour sur mon cheval statique à pédales pour mes neufs kilomètres à bon train, encouragée par la programmation toujours aussi éclectique de FIP, ma radio préférée.
Vivons au jour le jour, restons chez nous !

1 novembre 2017

Surprise souterraine

Publié par Des mots...Des images... dans Atelier d'écriture, Non classé

Générateur d’écriture: Un objet a passé 30 ans sous terre avant d’être retrouvé. Quel est cet objet ? Quelles sont les conséquences de cette ( re) trouvaille ? 

Contrainte proposée par Pascale auteure du blog Architexte et animatrice d’un atelier d’écriture

Ce matin, je décide de descendre comme souvent dans le puits dont l’ouverture se trouve dans le champ de Jean. Comme j’ai un peu plus de temps que d’habitude, je décide de poursuivre mon exploration de la galerie et des grottes qu’elle traverse. Je passe toutes les grottes que je connais assez vite tout en faisant bien attention à ne pas me cogner ni m’accrocher aux roches affleurantes. Après plus d’une demi-heure de pérégrination souterraine je débouche sur une grotte plus difficile d’accès. Je me contorsionne tel un ver de terre et rampe pour y entrer. Là, c’est l’étonnement : au fond de la grotte, je découvre un vélo d’enfant, tout seul dans un coin. Quelle n’est pas ma surprise ! Je m’approche pour mieux l’éclairer de ma lampe. C’est un Peugeot  bleu métallisé. Ma petite sœur avait le même. J’en étais jalouse  car moi, je n’avais pu avoir un vélo qu’à l’âge de 9 ans et encore c’était un vélo d’adulte. Le sien était un mini-vélo avec en plus des petites roues et des sacoches en cuir.

vélo

Retrouver ce vieux vélo m’intrigue. Il est un peu rouillé sur les parties chromées, les sacoches sont sacrément piquées mais la peinture est encore fraîche, le vélo scintille sous la lumière de ma frontale. Comme à chaque fois que je descends, j’ai pris mon portable, ce qui me permet de le prendre en photo. Sa présence ici m’intrigue au plus haut point car je ne vois pas comment il a pu arriver là entier. Les galeries sont étroites et l’entrée de cette cavité encore plus. Il n’a pu y être transporté qu’en pièce détachées et être remonté sur place. Mais pourquoi descendre un vélo d’enfant dans ce lieu ?

Toutes sortes d’hypothèses me viennent à l’esprit mais la plus prégnante est qu’il appartenait peut-être à un enfant disparu. Il faut que j’arrive à le savoir. Si c’est le cas, il va falloir que j’enquête finement pour ne blesser personne en cas de tragédie familiale.

Plusieurs jours plus tard je retrouve mon voisin Serge qui n’est pas de la famille de Jean mais qui a vécu toute son enfance dans le quartier. Je lui montre les photos en lui faisant part de mon expédition souterraine. Serge a pâli et se met à me parler à voix basse. Il me met de suite en garde :

« Surtout n’en parle ni à Jean, ni à Jeannine, ni à leurs enfants. Effectivement, comme tu l’as imaginé,  il  y a eu tragédie. C’était chez les Batissou. Ils avaient une petite fille de 6 ans, Catherine qui est décédée suite à un accident. Elle est tombée dans le puits qui descend à la galerie et ce vélo lui appartenait. Elle a eu un grave traumatisme crânien dont elle est décédée quelques jours après sa chute alors qu’elle était dans le coma. Un après-midi elle a disparu. Tout le quartier a été ameuté pour partir à sa recherche. Très vite son vélo a été retrouvé dans le champ et tout le monde a compris ce qu’il s’était passé. Mon père et mon grand-frère René sont descendus dans le puits et ont remonté son petit corps ensanglanté et inanimé. Je m’en souviens comme si c’était hier, j’étais adolescent et cela m’a traumatisé. Je n’ai plus jamais pu descendre sous- terre alors que cette galerie, je la connaissais par cœur. C’est sans doute Jean qui a descendu le vélo, mais tu vois je ne le savais pas car à par toi qui t’y aventures personne n’a accédé à ce puits depuis cette époque. Jean en avait fermé l’accès. Je suis d’ailleurs surpris qu’il t’ai laissé y descendre. Surtout, surtout n’en parles pas autour de toi, les Batissou ont trop souffert de la disparition de Catherine. C’est notre secret, je le tairai. »

Me voilà avec un lourd secret sur les bras : la tragédie d’une famille qui m’est très proche et qui jamais ne nous en a parlé. J’ai le cœur lourd.

2 septembre 2017

Très cher Papa

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Pensées spéciales: entre tristesse de ne plus pouvoir échanger avec toi et fierté d’être ta fille, d’avoir eu un père aussi affectueux.

 

Papi Borsalino 2

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16 avril 2017

Accouplement 2

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Voici une contrainte  proposée par Pascale auteure du blog Architexte et animatrice d’un atelier d’écriture :

Accoupler ces deux textes de Prévert pour en former un troisième en alternant une ligne de chaque texte

Premier jour

Des draps blancs dans une armoire
Des draps rouges dans un lit
Un enfant dans sa mère
Sa mère dans les douleurs
Le père dans le couloir
Le couloir dans la maison
La maison dans la ville
La ville dans la nuit
La mort dans un cri
Et l’enfant dans la vie.

Jacques Prévert

Le temps perdu

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c´est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?

Jacques Prévert

 

Le premier jour du temps perdu

Devant la porte de l’usine

Des draps blancs dans une armoire

Le travailleur soudain s’arrête

Des draps rouges dans un lit

Un enfant dans sa mère

Tout rouge tout rond

Sa mère dans les douleurs

Le beau temps l’a tiré par la veste

Le père dans le couloir

Souriant dans un ciel de plomb

Et l’enfant dans la vie

Il cligne de l’œil

La ville dans la nuit

Maïvon

 

Le temps perdu du premier jour

 

Dis-donc camarade soleil

Des draps rouges dans un lit

Souriant dans son ciel de plomb

Des draps blancs dans l’armoire

Et comme il se retourne

Le père dans le couloir

Il cligne de l’œil familièrement

Un enfant dans sa mère

Tout rouge tout rond

Sa mère dans les douleurs

Et regarde le soleil

La mort dans un cri

Dis-donc camarade soleil

Maïvon

 

Le premier temps du jour perdu

 

Le beau temps l’a tiré par la veste

La maison dans la ville

Le travailleur soudain s’arrête

Le couloir dans la maison

Et comme il se retourne

Des draps blancs dans une armoire

Et regarde le soleil

Des draps rouges dans un lit

Et cligne de l’œil

Le père dans le couloir

Dis-donc camarade soleil

Et l’enfant dans la vie

Maïvon

16 avril 2017

Inventaire « à la Prévert »

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Contrainte proposée par Pascale auteure du blog Architexte et animatrice d’un atelier d’écriture

Inventaire de mon espace de travail

 

Un pot en zinc un écran trois tiroirs

Un pingouin en tenue de jardin

Un pic vert trois pinsons

Et deux tourterelles

 

Un phare de Ford T1

Une lampe chromée

Un classeur une fenêtre et un rêve éveillé

Un pin un saule du typex

Trois pinsons un pic vert

Et deux tourterelles

 

Trois cahiers deux agendas

Un clavier une souris une tapette

Des  crayons à papier

Un  avion de papier

Trois moineaux un pic vert quatre mésanges

Et deux tourterelles

 

Un écran un pot à crayons

Une unité centrale

Trois  règles un gendarme en uniforme

Du Scotch et trois gommes

Une fenêtre un pic-épeiche

Trois mésanges deux pinsons

Et deux tourterelles

 

Un câble deux bafles

Trois baffes

Une collection de bic et un chiffon

Trois calendriers

Un pic vert trois pinsons

Et deux tourterelles

 

Une clé des gommes

2 cd et trois tableaux

Un livre deux livres trois livres

Trois étagères et des histoires volantes

Trois moineaux quatre mésanges

Un pic vert

Et deux tourterelles

 

Deux classeurs métalliques

Des papiers des papiers des papiers

Deux photos un muret

Des framboisiers

Un pic vert trois pinsons deux moineaux

Et deux tourterelles

 

Un halogène un fauteuil

Deux bureaux de l’herbe

Un fil à linge un tas de bois

Trois pinsons quatre mésanges

Un pic épeiche

Et deux tourtereaux

 

Une agrafeuse un téléphone

Un meuble trois tiroirs

Une sfr box et des connexions

Un ami virtuel

Des rosiers une rhubarbe

Quatre moineaux deux mésanges

Un pic vert trois pinsons

Et deux tourterelles

 

Des photos un Miro trois calendriers

Une multiprise une bâche bleue

Un tronc quatre toits

Des chenilles processionnaires

Un pic vert trois pinsons

Et deux tourterelles

 

Un écureuil…

16 avril 2017

Scène de ménage

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Cette proposition est issue de l’atelier d’écriture Architexte mené par Pascale

Ecrire une scène de ménage en y incluant  les expressions suivantes :

-          Laisse-moi finir ma phrase

-          Ça n’a rien à faire ici

-          Tu éludes la question

-          Tu dois finir par comprendre que

-          Il est indiscutable que

-          Ne change pas encore une fois de sujet

-          Tu dévies

-          Ça n’a rien à voir

-          J’ai déjà clairement établi que

-          Ce sont des anecdotes qui n’apportent aucune clarification

-          C’est ce qu’il peut sembler mais le fait est que

-          On doit se rendre clairement compte

H : Dis-donc, je viens de rentrer et j’ai encore trouvé toutes les portes ouvertes et personne à la maison.

F : Ah, bon ? C’est grave ?

H : Oui, c’est grave. N’importe qui pourrait…

F : Mais, il n’y a pas de voleurs ici.

H : Laisse-moi finir ma phrase, veux-tu ? N’importe qui pourrait entrer et faire ses emplettes. Qui le téléviseur, qui l’ordinateur.

F : Mais les gens ont déjà tout cela. Tiens ça fait bien longtemps que je n’ai pas entendu parler de cambriolages dans la région. D’ailleurs, rien n’a été volé, si ? Il manque quelque chose ?

H : Tu éludes la question. Tu dois finir par comprendre que notre maison n’est pas un moulin et qu’elle ne doit pas être ouverte à tout vent. Il est indiscutable que je tiens à mes affaires et que je n’aime pas que des individus viennent y mettre leur nez. Notre maison fait partie de notre intimité.

F : Parlons-en tiens de notre intimité ! J’ai encore trouvé tes chaussettes et ton slip au pied du lit ce matin.

H : Tu dévies. On n’en est pas à faire le catalogue de tout ce qui ne va pas. On en est à discuter de la fermeture de notre maison quand on n’est pas là. Ça n’a rien à voir avec les slips et les chaussettes.

F : On doit se rendre clairement compte que l’on n’accorde pas la même importance aux choses. D’ailleurs, il y a d’autres choses qui m’insupportent. Ton bol qui reste sur la table le matin et puis, tiens l’autre jour tu m’as coupé la parole pendant le dîner chez les Thieyre…

H : Ce sont des anecdotes qui n’apportent aucune clarification au fait que tu laisses tout ouvert.

F : J’ai déjà clairement établi que nous devrions prendre le temps de se poser et de mettre les choses à plat.

H : C’est vrai,la situation se dégrade entre nous. On ne trouve presque plus le temps de faire des choses ensemble.

F : Ça  n’a rien à faire ici. Chacun a ses activités et nous étions bien d’accord que cela participait de notre équilibre.

H : C’est ce qu’il peut sembler mais le fait est que nous pourrions vivre séparément et cela n’irait que mieux.

F : Tiens, l’autre jour Isabelle m’a raconté qu’elle et Thierry étaient allé voir un psychologue ensemble pour faire le point.

H : Ne change pas encore de sujet ! Il ne s’agit pas d’Isabelle mais de nous. Que reste-t-il aujourd’hui de notre complicité légendaire ? Est-ce l’habitude qui nous nuit ? Tu as raison, il faut qu’on se pose et qu’on discute.

 

16 avril 2017

Les « e » durs

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C’est une contrainte  de l’OULIPO proposée lors de l’atelier d’écriture ARCHITEXTE 

Un seul « e » par mot et en fin de mot.

Passe le tumulte  passe le camion-benne

Le silence arrive  le silence monte

De derrière le monte-charge

Apparaissent de nombreuses rates citadines

Grouillent grouillent rates turbulentes

Ramassent ramassent petites moyennes grosses miettes

Chaque semaine le même manège

Chaque semaine je regarde de l’étage

Chaque semaine le tumulte passe

Le silence monte le silence

 

Raté ! Première consigne oubliée.

 

Portuguaise de Lisbonne

Passe le photographe, passe le filmographe

Coule le jeu, coule le bleu

Comique manigance, tragique finance

Notre filmographe rapine

Notre photographe tire par rafale

Comique manigance, tragique finance

Une salle montre le Tage

Une salle montre le paysage

Portuguaise de Lisbonne

Attrape le sample, attrape le sample

 

A vous…

16 avril 2017

Générateur d’inspiration

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Lors de l’atelier d’écriture ARCHITEXTE animé par Pascale , chaque participant à tour de rôle,  a donné: un pays, un prénom féminin, un ressenti, une marque, une date, un prénom masculin, un proverbe, un cliché, un rêve, un cauchemar, un verbe, un nom, un adjectif, un adverbe, un ustensile, un nombre, un objet du quotidien, un déterminant, un lieu extérieur, une habitation. Il a fallu ensuite créer un texte qui les intègre tous.

Finlande,   Isabelle,   douceur,   Leclerc,   14 janvier 1992,   Fabien,   bien mal acquis ne profite jamais,   tous les manouches sont des voleurs,   voyage sur la lune,   le divorce,   vieillir,    cageot,   chaud,   souvent,   poêle à frire,   47,   tasse,   chaque,   terrasse,   yourte.

Isabelle après son divorce le 14 janvier 1992 n’a pas attendu la douceur des beaux jours pour rejoindre la Finlande et la yourte au fond des bois dans la région des grands lacs.

Après avoir vécu pendant 12 ans avec Fabien dans leur superbe maison du Vésinet, elle a tout quitté. Pas question pour elle de vieillir auprès d’un rejeton de la famille Leclerc si attaché à sa fortune pas toujours très régulière.

Appartement à Courchevel, villa à Saint-Raphaël, yacht dans les îles grecques, manoir en Bretagne et bien sûr leur 400 m2 au Vésinet meublés de magnifiques et surtout leurs très coûteux meubles design. Elle qui n’avait quasiment qu’une poêle à frire, deux tasses, une casserole, deux assiettes et des couverts dans un cageot à son arrivée à Paris s’est très vite laissée séduire par le luxe lorsqu’elle a rencontré Fabien qui fou amoureux d’elle la comblait de cadeaux.

Souvent la titillait le proverbe tant de fois martelé par ses parents : « bien mal acquis ne profite jamais » mais très vite elle le refoulait pour se couler dans sa vie de princesse adulée sans se poser de question. Et puis, à vivre dans ce monde de gens riches elle n’a pu s’empêcher d’être heurtée par les clichés égrenés lors des dîners mondains voire lors des dîners de charité. Combien de fois n’a-t-elle pas entendu « les manouches sont tous des voleurs », « les chômeurs sont des fainéants, s’ils le voulaient vraiment ils trouveraient du travail », « les pauvres, qu’est-ce qu’ils deviendraient sans notre argent ? » et autres poncifs de la droite libérale bien-pensante. Elle se taisait, réinventait son histoire pour échapper à sa conscience.

Petit à petit, cela la minait sournoisement jusqu’à l’empêcher de suivre Fabien dans les dîners. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait jusqu’au jour où elle a démarré son analyse. A chaque avancée dans son parcours, la prise de conscience s’accélérait. Jusqu’alors elle ne s’était pas intéressé à l’origine des fonds dont elle profitait sans se poser  de question. Le nouveau projet de Fabien était d’organiser un voyage sur la lune pour leurs 15 ans de mariage.  Ce projet d’un montant de 47 millions d’euro a mis le feu aux poudres entre eux.  La soudaineté de ce projet et cette arrivée d’argent dont s’enorgueillissait Fabien lui a fait prendre conscience qu’elle vivait dans un monde totalement surfait et décalé de la réalité.

Peu à peu, Isabelle a commencé à s’intéresser à la vie des gens. Elle a pris part par le biais d’associations à l’action envers les plus démunis, les étrangers, les prostituées du Bois de Boulogne, les SDF. Fabien l’encourageait car elle retrouvait de l’énergie et un certain allant. Mais pour lui ce n’étaient que des occupations comme aller faire du shopping ou passer sa matinée au centre de beauté sur les Champs-Elysées.

Puis elle a refusé d’aller à Courchevel, elle n’a pas honoré de sa présence les dîners  de Fabien. Elle préférait sortir et retrouver ses nouveaux amis. Fabien ne s’en offusquait pas car il la voyait revivre. Et pourtant leur complicité n’existait plus, ils ne faisaient plus rien ensemble.

Isabelle a rencontré Joonas, à Paris pour suivre la COP 21 et faire entendre la nécessité d’avancées significatives pour l’avenir de son Pays. Il lui a parlé des lacs, des forêts de la diversité de la nature finlandaise et de la vie simple qu’il menait là-bas. Ils ont vécu quelque chose de fort pendant cette COP 21. Quand il est partie Isabelle s’est sentie terriblement seule. Elle ne voyait pas comment vivre sans lui.

Lors d’un voyage de Fabien au Japon, elle a pris son billet pour la Finlande, pour retrouver Joonas. Elle a expérimenté la vie dans la yourte, la terrasse au bord du lac et le plaisir des choses simples.

A son retour en France, La seule chose qui lui faisait chaud au cœur était de se remémorer sans arrêt ce séjour en Finlande et d’imaginer sa vie avec Joonas. Elle a pris la décision de divorcer.

Et depuis le 14 janvier 1992 , Isabelle et Joonas coulent des jours heureux au pays des grands lacs.

A vous…

16 avril 2017

Trois points de vue

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Pascale, animatrice de l’atelier Architexte nous a proposé d’écrire trois textes à la 1ère personne qui raconte une histoire avec deux personnages et moi. Histoire basée sur des observations.

1ère personne:

Ce matin il m’est arrivé un truc étrange. J’étais assise au café lorsqu’une dispute débuta au bar. Le ton montait de plus en plus, les clients comme aimantés, avaient tous tourné la tête vers le bar. Deux hommes s’envoyaient à la figure des noms d’oiseaux de plus en plus violents se reprochant l’un l’autre de vivre sur cette terre. L’un, portant casquette à l’envers et jogging à bandes blanches commençait à se mouvoir comme s’il allait partir lorsque l’autre hurlant des insanités l’attrapa par le col de son sweat blanc et lui mit un violent coup de tête. Le premier s’écroula, le nez dégoulinant de sang.  Le second comme pétrifié dans son imper à la Columbo restait là à regarder fixement devant lui. La barmaid effrayée n’avait pu intervenir avant que l’affaire ne s’envenime. Elle saisit son téléphone et s’éloigna un peu de la scène pour appeler la police. Je me précipitai vers l’homme à terre car il semblait inconscient et comme je viens de suivre un cours de secourisme, je n’ai eu aucun mal à le mettre en position latérale de sécurité faisant de son blouson posé sur le tabouret un coussin pour la tête. La police arriva sur ces entrefaites et intima l’ordre à l’assaillant qui n’avait pas bougé d’un pouce, de poser les mains et la tête sur le bar. Il commença à vociférer dans sa barbe quand les policiers à l’oreille efficace l’ont brutalement menotté et mis à genou. Je demeurai à côté du jeune homme à la casquette jusqu’à ce que les pompiers arrivent.

2ème personne:

Alors que j’étais tranquillement en train de boire mon petit verre de blanc au bar ce matin, un blanc-bec boutonneux me donna un coup de coude. Je lui demandai de me présenter des excuses quand il se mit à me traiter de tous les noms. Ayant essayé de lui rabattre le caquet je n’en pouvais plus. Mon sang n’a  fait qu’un tour et le coup de boule est parti. Surpris par mon manque de contrôle j’en restais stupéfié. C’est alors que les flics sont arrivés et m’ont brutalement menotté. Avant que je ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, je me retrouvai à genou sur le carrelage du bistrot. J’ai bien évidemment fini au commissariat à deux rues de là où il m’a été bien difficile d’expliquer ma conduite. Depuis que je suis au chômage, je suis de plus en plus coléreux et la situation ne fait qu’empirer de semaine en semaine. Les catastrophes s’enchaînent.

3ème personne:

Comme tous les jours à 8h1/2 je suis allé prendre mon café au bar du Gallia avant d’aller bosser. Je buvais tranquillement mon kawa quand le mec d’à côté m’a demandé ce que j’avais. Il m’a dit de faire gaffe car soi-disant je venais de le bousculer. Je n’avais pourtant qu’à peine frôlé son coude. Je lui ai dit d’aller se faire foutre et que le bar était à tout le monde. Il a commencé à m’insulter et moi qui en connais un rayon niveau insultes j’ai embrayé. Je pensais qu’il allait se calmer et c’est là qu’il m’a foutu un coup de boule des familles. Je me suis réveillé aux urgences de l’hôpital Cochin, le nez comme une grosse patate douloureuse. Les flics sont venus m’interroger et m’ont fixé un rendez-vous pour le lendemain afin de déposer plainte. A midi, j’ai pu récupérer mon téléphone et appeler mon patron qui a commencé par m’engueuler avant que je puisse lui dire que j’étais aux urgences. J’espère que je ne vais pas perdre mon boulot à cause de cette histoire de mec à la con qui ne se contrôle pas.

A vous…

16 avril 2017

A supposer…

Publié par Des mots...Des images... dans Atelier d'écriture, BIENVENUE, Jouer avec les mots, LIBERTE

Cette contrainte est proposée par Pascale de l’atelier d’écriture ARCHITEXTE

A supposer que je sois un ver de terre, je deviendrais l’ami du jardinier, ma vie se passerait à creuser des galeries et à les arpenter mobilisant  -anneau après anneau- mon long corps invertébré pour couvrir des dizaines et des dizaines de mètres de couloirs sous la surface de la terre et si le jardinier était un tant soit peu éclairé, amateur de pratiques respectueuses de notre Dame Nature, j’aurais le privilège d’être reconnu comme auxiliaire au jardin et de ne plus être malmené par les labours profonds intempestifs qui finissent par affaiblir la terre au lieu de la régénérer mais il n’en demeure pas moins que si le jardinier me protégeait, d’autres vertébrés seraient à l’affût de la moindre de mes apparitions pour faire de mon corps protéiné l’apaisement de leurs estomacs insatiables participant  ou pas eux aussi à la bonne santé du substrat servant à agrémenter les jardins de beaux arbustes aux jolies fleurs odorantes ou à nourrir grassement les occupants de la propriété qu’ils soient modestes ou plus argentés d’au moins cinq beaux fruits et légumes par jour selon les recommandations de l’OMS, à supposer que je sois un ver de terre, j’aurais une vie trépidante alors que beaucoup de jeunes et moins jeunes humains ignorants me prennent pour un animal mou et inutile que l’on peut couper en deux sans sentiment croyant qu’ainsi je sois en capacité de me dédoubler alors qu’ils me donnent le coup de grâce, à supposer que je sois un ver de terre, ma vie serait trépidante.

A vous d’écrire un petit texte commençant par « A supposer que… »

 

Quelques haïkus sur le même thème:

Tortillons de terre

Lumbricina  au travail

Demain beau jardin

 

Ami du jardinier

A l’ombre des tunnels infinis

Je suis

 

Creusant mon chemin

aérant la belle terre

ami du jardinier

 

Tortillons de terre

Lumbricina protégé

Printemps désiré

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