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1 novembre 2017

Surprise souterraine

Publié par Des mots...Des images... dans Non classé

Générateur d’écriture: Un objet a passé 30 ans sous terre avant d’être retrouvé. Quel est cet objet ? Quelles sont les conséquences de cette ( re) trouvaille ?

Ce matin, je décide de descendre comme souvent dans le puits dont l’ouverture se trouve dans le champ de Jean. Comme j’ai un peu plus de temps que d’habitude, je décide de poursuivre mon exploration de la galerie et des grottes qu’elle traverse. Je passe toutes les grottes que je connais assez vite tout en faisant bien attention à ne pas me cogner ni m’accrocher aux roches affleurantes. Après plus d’une demi-heure de pérégrination souterraine je débouche sur une grotte plus difficile d’accès. Je me contorsionne tel un ver de terre et rampe pour y entrer. Là, c’est l’étonnement : au fond de la grotte, je découvre un vélo d’enfant, tout seul dans un coin. Quelle n’est pas ma surprise ! Je m’approche pour mieux l’éclairer de ma lampe. C’est un Peugeot  bleu métallisé. Ma petite sœur avait le même. J’en étais jalouse  car moi, je n’avais pu avoir un vélo qu’à l’âge de 9 ans et encore c’était un vélo d’adulte. Le sien était un mini-vélo avec en plus des petites roues et des sacoches en cuir.

vélo

Retrouver ce vieux vélo m’intrigue. Il est un peu rouillé sur les parties chromées, les sacoches sont sacrément piquées mais la peinture est encore fraîche, le vélo scintille sous la lumière de ma frontale. Comme à chaque fois que je descends, j’ai pris mon portable, ce qui me permet de le prendre en photo. Sa présence ici m’intrigue au plus haut point car je ne vois pas comment il a pu arriver là entier. Les galeries sont étroites et l’entrée de cette cavité encore plus. Il n’a pu y être transporté qu’en pièce détachées et être remonté sur place. Mais pourquoi descendre un vélo d’enfant dans ce lieu ?

Toutes sortes d’hypothèses me viennent à l’esprit mais la plus prégnante est qu’il appartenait peut-être à un enfant disparu. Il faut que j’arrive à le savoir. Si c’est le cas, il va falloir que j’enquête finement pour ne blesser personne en cas de tragédie familiale.

Plusieurs jours plus tard je retrouve mon voisin Serge qui n’est pas de la famille de Jean mais qui a vécu toute son enfance dans le quartier. Je lui montre les photos en lui faisant part de mon expédition souterraine. Serge a pâli et se met à me parler à voix basse. Il me met de suite en garde :

« Surtout n’en parle ni à Jean, ni à Jeannine, ni à leurs enfants. Effectivement, comme tu l’as imaginé,  il  y a eu tragédie. C’était chez les Batissou. Ils avaient une petite fille de 6 ans, Catherine qui est décédée suite à un accident. Elle est tombée dans le puits qui descend à la galerie et ce vélo lui appartenait. Elle a eu un grave traumatisme crânien dont elle est décédée quelques jours après sa chute alors qu’elle était dans le coma. Un après-midi elle a disparu. Tout le quartier a été ameuté pour partir à sa recherche. Très vite son vélo a été retrouvé dans le champ et tout le monde a compris ce qu’il s’était passé. Mon père et mon grand-frère René sont descendus dans le puits et ont remonté son petit corps ensanglanté et inanimé. Je m’en souviens comme si c’était hier, j’étais adolescent et cela m’a traumatisé. Je n’ai plus jamais pu descendre sous- terre alors que cette galerie, je la connaissais par cœur. C’est sans doute Jean qui a descendu le vélo, mais tu vois je ne le savais pas car à par toi qui t’y aventures personne n’a accédé à ce puits depuis cette époque. Jean en avait fermé l’accès. Je suis d’ailleurs surpris qu’il t’ai laissé y descendre. Surtout, surtout n’en parles pas autour de toi, les Batissou ont trop souffert de la disparition de Catherine. C’est notre secret, je le tairai. »

Me voilà avec un lourd secret sur les bras : la tragédie d’une famille qui m’est très proche et qui jamais ne nous en a parlé. J’ai le cœur lourd.

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