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12 mai 2020

# RESTONS CHEZ NOUS #

Publié par Des mots...Des images... dans Atelier d'écriture, Jouer avec les mots, LIBERTE, Non classé

MOTS PERDUS et LANGUE AU CHAT
29 Mars 2020
Rédigé par Pascale et publié depuis le blog  Architexte sur Overblog

Depuis le XX è siècle plus de 10 000 mots ont quitté nos dictionnaires et nos vocabulaires. En voici quelques uns, que je vous propose d’utiliser ( minimum 5 ) dans un texte de votre composition.
A vous de choisir votre thème !
Acrampi : adj. rabougri, engourdi
Abstème :  Qui ne boit pas de vin.
Aiguayer : Baigner, rafraîchir, laver
Angustié :  adj.  Étroit, serré, en parlant d’un chemin.
Anoure :adj. Se dit des animaux qui n’ont point de queue.
Bachelette : n.f. Jeune fille gracieuse.
Baler : v. Danser. – Remuer, s’agiter. -
Bisbille : .n.f. Petite et futile querelle.
Cacade : n.f entreprise folle, échec ridicule
Capitoul :n.m. Nom qu’on donnait aux magistrats municipaux de la ville de Toulouse.
Désobligeante :n.f.. Sorte de voiture étroite qui ne peut contenir que deux personnes. (XVIIIe s.)
Épreindre : V. Presser entre ses doigts quelque chose pour en exprimer le suc.
Fatrasser :. V. S’occuper à des niaiseries.
Foutriquet: n.m. Un foutriquet est une personne petite, chétive, quelqu’un d’insignifiant.
Freloche : n.m; Filet pour capturer les papillons et les insectes aquatiques
Lède : n. f. La partie du milieu d’un marais salant, autour de laquelle on creuse un fossé.
Mâche-dru :  n. m. Gourmand.
Margotin  : , n. m. Petit fagot de menu bois ou de brindilles utilisé comme allume-feu.
Margouillis : , n. m. Lieu plein de boue et d’ordure.
Melliflue : adj. Qui abonde en miel.
Patte pelu  Adj. Qui dissimule de mauvais desseins sous une douceur apparente.
Patenôtrier : , n. m. fabricant de chapelets.
Péronnelle :  n. f. Terme de dénigrement. Jeune femme sotte et babillarde.
Piffre : n.m Personne très grasse.
Pimpesouée :  n. f. Femme à manières prétentieuses et ridicules.
Mafflé :  adj. Qui a de grosses joues.
Rabonnir :1° V. . Rendre meilleur
2° V.. Devenir meilleur.
Turlututaine : .n. f. Paroles qu’on répète sans cesse
Croustiller v. Manger léger, grignoter.
Event n.m. Au grand air. Avoir la tête à l’évent : être très étourdi.
Happelourde n.f. Fausse pierre, qui a l’apparence d’une pierre précieuse.
Pantophile n.m. Celui qui aime tout.
S’acagnarder v. Paresser, mener une vie obscure et fainéante.
Remembrance n.f. Souvenir.
Imbriaque adj. Ivre, fou, stupide.
Déparpaillé adj. Négligé, débraillé.
Margouillis n.m. Embarras.
Paltoquet n.m. Homme grossier, sans mérite, prétentieux.

# RESTONS CHEZ NOUS #

Que vient faire ici ce paltoquet ? Que ne reste-t-il chez lui au lieu de venir causer ce margouillis où chacun se sent dans son droit mais suspecte l’autre d’usurper les siens?
Notre curieux passant déparpaillé, arborant une barbe de dix jours, les cheveux en bataille semble bouger comme un danseur imbriaque ayant abusé de la gnôle fermière. Dans nos remembrances les plus anciennes nous n’avions pas vu pareil spectacle sur la place du village. D’habitude le ballet des voitures d’où sortent les clients du boulanger, du bureau de tabac, du boucher, du fleuriste et de l’épicerie et qui trouble à peine les éternels villageois qui s’accagnardent, traînant de bancs en comptoirs leurs silhouettes dégingandées, la clope au bec et la bouteille non loin.
J’ai beau être pantophile, j’ai du mal à supporter l’ivresse outrancière de ces margoulins animant notre vie provinciale loin des bourgeois portant l’happelourde faute de pouvoir porter plus précieux bijoux . Que ne leur viendrait-il pas à l’esprit de vouloir avoir la tête à l’évent et de quitter leurs villes pour envahir nos campagnes et par-là même nous apporter le mal dont nous nous passons si bien ?
Faute de rayons pleins, nous nous contentons de croustiller dans nos chaumières en essayant d’éviter les turlutaines alors que de jour en jour le discours se répète. Tentant de nous rabonnir, nous découvrons nos voisins les plus proches : Giscours à la bouille maflée se montre avenant alors que la pimpesouée piffre du bout de la rue et sa péronnelle de fille continuent à se croire supérieures au reste du village. Notre patenôtrier patte pelu quant à lui se trouve église dépourvue. Trop vieux pour les nouvelles technologies il a sorti son antique porte-voix qui grésille en ce dimanche de Pâques pour inviter à la prière. Propos melliflus et remontrances sous-jacentes nous gâchent les esgourdes.
Tiens, Pierre en son joli jardin, fait fumer son margotin pour démarrer son barbecue. Quand le clocher sonnera les douze coup de midi, notre ami mâche-dru sera fin prêt pour faire griller ses côtelettes. À quelques encablures des lèdes de nos marais paissent tranquillement les jolis petits moutons noirs aux gigots si goûteux.
Tiens, au loin nous apercevons notre foutriquet Ambroise qui divague son freloche à la main. Ce n’est pas ce qu’il va récolter qui le nourrira! Il passe sa vie à fatrasser deci delà et son imprévoyance légendaire ne lui laisse d’autre choix que de jouer les pique assiette chez l’un puis chez l’autre malgré l’interdiction.
Tous occupés à épreindre les fraises du jardin pour napper d’un bon coulis notre traditionnelle charlotte de Pâques nous regardions venir à nous dans sa pimpante désobligeante, le Capitoul. Encore un qui n’a pas peur de la cacade que ne manqueront pas de lui infliger les villageois après bisbilles entre ceux qui lui feraient allégeance et ceux qui ne lui concèdent aucun passe-droit. Baler ne lui servira à rien. Dans sa désobligeante il repartira et ce ne sont pas ses bachelettes de filles qui feront la différence.
Le confinement, c’est le confinement.
La nature elle, ne s’embarrasse pas de cette obligation. Proches de nos maisons des rapiettes anoures et d’autres bien pourvues de leurs attributs s’ébattent sur nos murs. Au bout de notre chemin angustié au fond du jardin, qui mène au bois de hêtres, châtaigners et chênes on entend bien l’agitation dans les arbres et les taillis. Au bord de la rivière en bas de la prairie viennent s’aigayer les bergeronnettes des ruisseaux au ventre soleil pâle . Moi qui suis abstème à leur instar j’essaie de ne point me laisser aller. Accrampie que je suis au matin, je monte chaque jour sur mon cheval statique à pédales pour mes neufs kilomètres à bon train, encouragée par la programmation toujours aussi éclectique de FIP, ma radio préférée.
Vivons au jour le jour, restons chez nous !

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